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Omax at Lomax’s

Projet de mission de recherche de Raphaël Imbert aux à‰tats-Unis, placée sous la direction scientifique de Jean Jamin (LAHIC) dans le cadre du projet IMPROTECH


I. Introduction
Les à‰tats-Unis sont le territoire du miracle musical. Ils ont offert un contexte ethnologique, anthropologique, sociale et musicale propre à favoriser la rencontre improbable entre cultures africaines, européennes, amérindiennes, entre culture populaire et savante, pour faire émerger la musique du 20ème siècle et de l’époque contemporaine. Mais le paradoxe et la force de ce paysage musical est son rapport aux racines, toujours renouvelé et jamais méprisé. L’artiste, qu’il soit bluesman, jazzman, compositeur, country, old timer, avant-garde, cultive un rapport privilégié aux ancêtres, aux maà®tres, pour mieux se projeter en avant, et sans complexe, participer aux mouvements contemporains d’évolution esthétique et technique de la musique et de la société. Malgré tout, particulièrement en France, ce rapport étrange entre passé et innovation est mal connu, mal compris, et il s’agit de l’étudier pour mieux l’éclairer, et mieux comprendre nos propres particularités esthétiques. Le programme IMPROTECH, placé sous la responsabilité administrative de Marc Chemillier (EHESS), financé par l’ANR, en partenariat avec l’EHESS, le LAHIC, l’IRCAM, le CNRS, offre l’occasion d’approfondir globalement notre vision à ce sujet, et la mission confiée par Jean Jamin (directeur d’étude à l’EHEES ; LAHIC) à Raphaël Imbert, musicien, compositeur, improvisateur, chercheur, étudiant à l’EHESS sous la direction de Jean Jamin, et présentée ici, propose d’étudier et d’élucider le rapport particulier qui existe entre tradition et innovation, notamment technique, dans la/les musique(s) américaine(s).

II. Projet scientifique et artistique
La mission de recherche confiée à Raphaël Imbert dans le cadre d’IMPROTECH s’inscrit dans une démarche de transversalité qui, sur la base théorique du projet qui stipule un lien privilégié entre improvisation et nouvelles technologies, se focalise donc sur le rapport entre tradition et innovation, en essayant de balayer un territoire géographique d’étude assez large pour être représentatif. Elle part sur l’hypothèse de départ que ce rapport repose avant tout, si l’on parle d’improvisation, sur une certaine disposition de la musique improvisée à l’oralité et à la transmission orale. En ce sens, elle propose d’étudier plus profondément le lien entre culture populaire, oralité et nouvelles technologies, ce dernier aspect étant généralement dévolu aux musiques savantes et expérimentales. C’est pourquoi la mission se place sous l’autorité symbolique d’Alan Lomax, le premier grand ethnomusicologue à avoir brossé un paysage complet des musiques américaines populaires et orales, en partant à leur rencontre, en les enregistrant, en interrogeant ces acteurs, en éditant et diffusant ce travail, sans jamais oublier les contextes sociologiques, politiques et intellectuels qui ont déterminé leur émergence. D’une certaine manière, notre mission consiste d’abord à revenir sur le travail de Lomax, de comprendre auprès des artistes actuels comment ce travail est connu, reconnu, et si il détermine leur propre vision du passé, de la tradition, et de l’évolution contemporaine de leur musique. Cette mission s’inscrit également dans le contexte du travail déjà effectué par Raphaël Imbert à New York pour le compte de la Villa Médicis Hors les murs en 2003, sur le spirituel dans le Jazz. La conclusion de ce travail en 2003 offre la meilleure introduction à la mission actuelle : C’est ailleurs que dans les grands axes urbains, a fortiori New York, qu’il faut chercher la vitalité de ces musiques envers leur tradition et leur évolution. La zone géographique que nous proposons de couvrir, sans exhaustivité mais avec quelques objectifs précis seront :
1ère phase (2010-2011) :

- New Orleans et le Dixieland : archives et entretiens avec des musiciens néo-orléanais ; zones fluviales et prégnance du Blues ; centres urbains du Sud (Memphis, Atlanta) et musiques religieuses.

- Appalaches : entretiens avec les musiciens du Old Time music, prégnance de la
tradition afro-américaine et européenne dans les zones rurales et montagneuses ;
prégnance et évolution des styles propres aux villes musicales de la zone : Memphis, Nashville, Knoxville, Asheville, Charlottesville)

- Grands centres urbains du nord : entretien avec les musiciens et enquêtes sur
l’évolution actuelle des musiques de trois villes emblématiques : Chicago, Détroit, New-York.

- Sud-Ouest : enquêtes et entretiens sur le phénomène de l’Ouest musical et l’imaginaire américain : Colorado, Nouveau-Mexique, Californie.

Chaque sujet rencontré, musicien ou chercheur, est interrogé sur ce qui définit son
travail, et sur ce qui détermine chez lui son rapport au passé et aux innovations. La
méthodologie choisie pour chaque entretien repose sur un plan en trois points :
1. Présentation du projet IMPROTECH et de la mission, présentation de la mission,
présentation du sujet. Interrogation autour d’Alan Lomax (connu, reconnu, inconnu ?) et sur son travail (fixation du modèle traditionnel ou au contraire invitation à le faire évoluer). à‰coute, comme point de départ de l’entretien, d’un titre enregistré par Lomax. Interrogation du sujet autour de ces sources d’inspirations (intellectuelles, politiques, personnelles, spirituelles, religieuses), sur sa manière de concevoir l’oralité de sa musique, de ce qui génère chez lui ou non l’improvisation, de quelle manière s’entrecroise improvisations, interprétation, composition. Enfin, comment le sujet transmet sa musique.
2. Interrogation sur les nouvelles technologies. Nous partons d’un postulat de départ, qui changera peut être au fur et à mesure de la mission : ll y a trois façon de concevoir l’apport des nouvelles technologies : refus total ; utilisation simplement communicative et médiatique (internet et réseaux sociaux) ; intégration complète des nouvelles possibilités technologiques (logiciels, lutherie, ordinateurs, MAO, effets). Dans les trois cas, interrogation du sujet sur la façon dont il utilise le geste musical “traditionnel†et les nouvelles technologies : conservatisme, expérimentation, ajout esthétique. Enfin, comment l’apport des nouvelles technologies change sa vision du monde et de son art : militantisme pro ou antitechnologique, changement de point de vue sur le monde, la société, ses inspirations, ses objectifs artistiques et intellectuels.
3. Proposition conclusive artistique d’échange improvisé entre le sujet et l’enquêteur musicien, après l’échange intellectuel. Utilisation des particularités de
chacun, acoustique, traditionnel, expérimentation, technologies. Enregistrement de la proposition musicale, dans les limites des problématiques de droits divers.
Le projet scientifique consiste donc en une collecte d’information et une enquête de
terrain qui détermine et oriente un résultat artistique. Le projet s’inscrit en cela dans les deux axes thématiques décrits dans le document de présentation du projet IMPROTECH p.7 (Axe 1 : sciences, savoirs, innovations, institutions ;
Axe 2 : sciences, religions, médiations, corps et sociétés) en précisant les domaines de l’imaginaire et du savoir technique, pour déboucher sur un des objectifs centraux d’IMPROTECH : la mise en pratique artistique d’expérimentation technique théorisée durant le projet. Le logiciel Omax, modélisé par Gerard Assayag de l’IRCAM, assisté de Benjamin Lévy, est une des résultantes des premières réflexions d’IMPROTECH, et pourra servir lors de la mission de fil conducteur technique, et si possible trouver de nouvelles possibilités grà¢ce à elle.

III. Objectifs
1. Rencontre, entretiens, échanges intellectuels et musicaux : brosser un paysage
représentatif de la diversité des dénominations musicales américaines, à travers une série d’entretiens avec musiciens et chercheurs de différentes obédiences.
2. Documentations, archives, états des lieux : Recherches auprès de différentes
structures et institutions d’archives et de documentations susceptibles de nourrir la
réflexion sur les nouvelles technologies et la tradition musicale, en vue d’équilibrer
notre propos entre empirisme des entretiens et des rencontres et faits historiques et documentaires.
3. Rapport conclusif : présentation du travail d’enquête et des résultats artistiques.
Conclusion des réflexions sur culture orale, culture populaire et nouvelles technologies.
4. Présentation du travail par l’édition, le reportage, le documentaire : Un blog est mis à jour quotidiennement durant le séjour ; un documentaire est co-réalisé par Jean Jamin et Jean-Paul Colleyn sur la mission en vue d’une diffusion et d’une édition nationale (revue, livres, articles, reportages ?).


 
 



 






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